Résumé
Ce reportage examine les manifestations en Iran depuis décembre 2025, révélant une répression meurtrière et un black-out internet. Il analyse l'évolution de la résistance iranienne depuis 1979, les causes profondes des révoltes actuelles, le rôle des Gardiens de la Révolution et l'exploitation de la situation par la communauté internationale.
- Manifestations massives en Iran réprimées violemment.
- Évolution de la résistance iranienne depuis 1979.
- Rôle économique et répressif des Gardiens de la Révolution.
- Exploitation des révoltes par la communauté internationale.
Introduction : Manifestations et répression en Iran [0:00]
Depuis le 28 décembre 2025, des manifestations ont éclaté en Iran, culminant le 8 janvier avec une mobilisation massive dans les grandes villes. Des images amateurs, malgré un black-out internet, témoignent de la violence de la répression, montrant des dizaines de corps empilés. Ces événements s'inscrivent dans une décennie de révoltes caractérisées par une volonté de renversement du pouvoir face à des élites sécuritaires organisées, notamment les Gardiens de la Révolution.
Origines et évolution de la contestation [1:16]
Selon l'anthropologue Chorama Carémie, les révoltes ont débuté il y a environ 15 jours, initiées par des acteurs économiques du bazar, indignés par l'inflation. Rapidement, les slogans ont évolué vers une opposition frontale à la République islamique, réclamant la fin du régime. Le 8 janvier, les manifestations ont pris une ampleur sans précédent, conduisant le gouvernement à couper les communications internet, isolant le pays comme en 2019, où une répression massive avait fait des centaines, voire 1500 morts. Des images filtrées montrent des morgues pleines et des aveux forcés diffusés à la télévision nationale, tandis que les associations de défense des droits de l'homme estiment le nombre de tués à au moins 2000 en deux jours.
Périodisation de la résistance iranienne depuis 1979 [4:48]
La résistance iranienne peut être divisée en plusieurs phases depuis l'instauration de la République islamique en 1979. La première décennie est marquée par la guerre contre l'Irak et une répression interne féroce. À partir des années 1990, la société civile demande plus de libertés et de réformes, notamment pour les femmes, mais ces demandes restent réformistes. Après l'échec des négociations sur le nucléaire en 2015 et le durcissement des sanctions par Donald Trump, le pacte de redistribution de la manne pétrolière est remis en cause, creusant les inégalités. Les classes populaires rejoignent les classes moyennes dans la contestation, aboutissant à des révoltes plus radicales à partir de 2017, réclamant un changement de pouvoir. Le soulèvement "Femme, Vie, Liberté" en 2022-2023 est une continuation de ces vagues de soulèvements et de grèves, avec des revendications de plus en plus radicales.
Le rôle des Gardiens de la Révolution [10:58]
Les Gardiens de la Révolution, créés par décret par l'ayatollah Khomeini, ont fait de la répression des opposants leur laboratoire, développant des technologies et se ramifiant dans divers secteurs. Ils contrôlent des branches de renseignement, militaires, de police et un réseau économique puissant, y compris des entreprises de télécommunications et des projets de construction. La privatisation massive sous le président Ahmadinejad a renforcé leur pouvoir économique, leur permettant de tirer profit du régime des sanctions et d'étouffer toute activité économique indépendante.
L'exploitation des révoltes par la communauté internationale [13:25]
La communauté internationale a souvent tiré profit de la déstabilisation en Iran pour négocier avec le régime, notamment sur le nucléaire. Au lieu de soutenir la rue iranienne, les puissances occidentales utilisent les révoltes pour affaiblir le pouvoir iranien et obtenir des concessions. Cette attitude est perçue comme une trahison, car elle maintient le peuple iranien sous le joug d'un État qui sert un équilibre international au détriment des populations de la région.