Résumé
Cette vidéo explique en détail la gastroscopie, une procédure endoscopique utilisée pour examiner l'œsophage, l'estomac et le duodénum. Le Dr. Jean-Baptiste Chevau, gastro-entérologue, décrit le principe de l'examen, ses indications (douleurs abdominales, reflux), ses rares contre-indications (perforation), et comment il est pratiqué en urgence (saignements) ou de manière programmée. La vidéo aborde également la préparation nécessaire, les types d'anesthésie, la durée de l'examen, les zones explorées, et l'utilisation de la vidéo capsule comme alternative. Enfin, elle met en lumière le rôle de la gastroscopie dans le dépistage et le traitement des cancers de l'œsophage et de l'estomac, ainsi que la surveillance post-traitement.
- Explication de la gastroscopie et de son utilité.
- Indications, contre-indications et situations d'urgence.
- Préparation, anesthésie et déroulement de l'examen.
- Dépistage et traitement des cancers.
Introduction [0:00]
La vidéo commence par une introduction à la gastroscopie, présentée par le Dr. Jean-Baptiste Chevau, gastro-entérologue au CHU de Nancy. L'objectif est d'expliquer en quoi consiste cet examen endoscopique.
Le principe [0:30]
Le Dr. Chevau explique que l'endoscopie digestive consiste à utiliser un tube muni d'une caméra pour examiner l'intérieur du corps, en passant par les voies naturelles. Contrairement à la chirurgie, cette procédure n'implique pas d'ouverture de la paroi abdominale. Les gastro-entérologues se concentrent sur la partie haute (œsophage, estomac) et la partie basse (colon) du système digestif. L'examen se déroule dans une salle spéciale avec des mesures d'hygiène rigoureuses, car l'endoscope est introduit directement dans l'estomac.
Les indications [1:02]
Les principales indications de la gastroscopie sont les douleurs abdominales et le reflux gastro-œsophagien. Bien que l'examen se déroule dans un bloc, il ne s'agit pas d'un environnement stérile comme en chirurgie, car l'estomac et le colon ne sont pas des cavités stériles.
Les contre-indications [1:30]
Les contre-indications à la gastroscopie sont rares. Elles incluent l'occlusion (qui peut être gérée par aspiration préalable) et la perforation de l'estomac (où l'insufflation d'air est contre-indiquée). Ces contre-indications sont relatives et doivent être discutées au cas par cas. La gastroscopie est un examen courant, réalisé environ 40 fois par jour dans le service du Dr. Chevau.
La pratique [2:00]
La gastroscopie peut être pratiquée en urgence ou de manière programmée. En situation d'urgence, elle est souvent prescrite par les urgentistes.
Situations d'urgence [2:20]
En situation d'urgence, la principale indication de la gastroscopie est le saignement digestif haut, notamment le méléna (sang digéré). La cause la plus fréquente est l'ulcère gastroduodénal. D'autres causes incluent les varices œsophagiennes chez les patients atteints de cirrhose et les corps étrangers ingérés, particulièrement chez les enfants.
Extrême urgence [3:35]
Les saignements digestifs hauts sévères, comme les ruptures de varices, constituent une extrême urgence. Dans ces cas, la gastroscopie est une procédure de sauvetage visant à arrêter le saignement interne.
Gestes endoscopiques [3:56]
Pour arrêter les saignements en urgence, les gastro-entérologues utilisent des pinces coagulantes reliées à un bistouri électrique. Ces pinces permettent de coaguler les vaisseaux sanguins. Des clips peuvent également être utilisés pour refermer les vaisseaux. En cas de varices œsophagiennes, des élastiques sont placés pour nécroser les varices et arrêter le saignement.
La préparation [5:00]
Lorsqu'une gastroscopie est programmée, il est essentiel d'être à jeun. Il est recommandé de ne pas manger de solides pendant 6 heures et de ne pas boire de liquides pendant 3 heures avant l'examen. Pour une gastroscopie le matin, le patient doit être à jeun à partir de minuit.
L'anesthésie [5:32]
La gastroscopie peut être réalisée sous anesthésie locale ou générale. L'anesthésie générale est privilégiée en cas de corps étrangers ou de vomissements de sang, afin de protéger les voies aériennes par intubation. Le choix de l'anesthésie dépend également du patient : les personnes âgées, ayant moins de réflexes nauséeux, peuvent souvent se passer d'anesthésie générale, tandis que les jeunes peuvent la préférer.
Durée de l'examen [6:04]
La gastroscopie dure généralement entre 6 et 8 minutes. Il est important de prendre le temps nécessaire pour un examen de qualité, notamment pour le dépistage des cancers de l'estomac et de l'œsophage. Les endoscopes modernes de haute définition permettent de détecter des lésions superficielles.
Zones explorées [6:50]
L'œso-gastro-duodénoscopie permet d'explorer l'œsophage, l'estomac et la partie terminale du duodénum. Au-delà, l'exploration de l'intestin grêle nécessite des entéroscopes ou des vidéocapsules.
La vidéo capsule [7:28]
La vidéocapsule, une petite capsule avalée par le patient, n'est pas une alternative complète à l'endoscopie, car elle ne permet pas de diriger l'exploration. Cependant, les progrès de l'intelligence artificielle pourraient améliorer cette technique.
Le dépistage [7:50]
La gastroscopie joue un rôle important dans le dépistage des cancers, notamment chez les patients à risque (consommation excessive d'alcool, tabagisme, obésité). Les endoscopes de haute définition permettent de détecter les cancers à un stade superficiel.
Le traitement [8:20]
Les cancers détectés à un stade précoce (T1) peuvent être traités par voie endoscopique, évitant ainsi l'ablation de l'œsophage. Cette technique consiste à injecter un produit pour surélever la muqueuse et à utiliser un couteau électrique pour retirer la tumeur. Il est essentiel d'être vigilant pour éviter les perforations ou les saignements.
La surveillance [9:10]
La surveillance post-traitement dépend du type et de la profondeur du cancer. Les décisions de surveillance sont prises en concertation avec une équipe multidisciplinaire (cancérologues, chirurgiens, radiothérapeutes).
L'endoscope [9:30]
Le Dr. Chevau présente un œso-gastro-duodénoscope, expliquant son fonctionnement : une poignée pour les mouvements haut/bas et une autre pour les mouvements droite/gauche. L'endoscope est équipé d'une caméra et d'un canal opérateur permettant de passer des pinces pour réaliser des biopsies ou d'autres gestes. Une biopsie de l'estomac est souvent réalisée pour rechercher la bactérie Helicobacter pylori. Les images sont enregistrées et intégrées au compte-rendu du patient. L'endoscope est désinfecté entre chaque patient selon des protocoles stricts.